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Agir, ne pas subir ; penser positif, voir en grand et savoir s’entourer. Telles sont les recommandations du “Dr.“ Olivier Torrès, enseignant-chercheur à l'Université de Montpellier et à Montpellier Business school, et fondateur de l’observatoire Amarok, pour rester en bonne santé quand on est patron de PME. Invité à l’événement annuel de la CPME 30 (président : Xavier Douais), Road PME, le 4 avril à Nîmes, Olivier Torrès prodigue, avec humour, ses conseils à l’attention des dirigeants gardois. Des patrons qui ont tendance à délaisser leur santé. Or pour une PME, un problème de santé du dirigeant peut mettre en péril tout l’équilibre de l’entreprise. « Souvent les dirigeants de PME que je rencontre me disent : “je n’ai pas le temps d’être malade, je n’ai pas le droit“. Pire, vous tombez souvent malade pendant les vacances tant la surcharge d’activité est importante le reste de l’année. J’ai même rencontré un dirigeant de PME dans le bâtiment qui m’a dit “du coup je ne prends plus de vacances !“ ».
La PME, une bonne moitié du PIB de la France
Il souligne également le traitement quasi-inexistant de la thématique PME dans les médias, les débats politiques, les enseignements universitaires et plus globalement dans notre société. « Je suis agrégé d’économie. En cinq années d’études, savez-vous combien de fois j’ai entendu le mot PME ? 0 ! Le mot artisan ? 0 ! » Et d’ajouter dans un sourire « il y a plus de statistiques sur la santé des baleines bleues que sur celle des entrepreneurs ! » Un paradoxe que souligne Olivier Torrès, chiffres à l’appui : « 99,85 % des entreprises sont pourtant des PME. Elles créent en France 7 millions d’emplois salariés, auxquels s’ajoutent plus de 3 millions de travailleurs non-salariés que sont les patrons de PME, commerçants, artisans, agriculteurs. » Comparativement, « les grands groupes représentent 4,5 millions d’emplois salariés et la fonction publique en compte 5,6 millions ». Ainsi, les PME représentent une bonne moitié du PIB de la France. « Le problème de la PME c’est qu’elle n’est pas suffisamment théorisée », estime l’universitaire. Or « les élites ne respectent que les théories, il faut intellectualiser la PME. » Une intellectualisation qui pourrait se traduire par la publication d’ouvrages témoignant de la vie des PME écrits par des dirigeants, l’organisation de forums d’ampleur internationale destinés aux PME…En d'autres termes, mettre la PME au centre de a société.